50 ans de la construction du mur de Berlin

C’est dans la nuit du 12 au 13 août 1961 que la construction du Mur de Berlin commence. Alors que, le 15 juin 1961, le président du conseil d’état de RDA, Walter Ulbricht, déclarait que son pays ne prévoyait pas de construire un quelconque mur, le conseil des ministres de RDA annonce, le 12 août, qu’un dispositif de contrôle aux frontières sera mis en place.

L’objectif était de faire cesser l’émigration des allemands de la RDA vers la RFA. Dès le matin du 13 août 1961, l’armée et les forces de police bloquent les routes et les liaisons ferroviaires. Des barrages sont établis tout autour des zones d’occupation américaine, britannique et française de Berlin. Berlin-Ouest est alors encerclé de barbelés. Les stations de métro de Berlin-Est sont fermées ;  les rames n’y marquent plus l’arrêt. Sur les 81 points de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, 69 sont fermés. 7 points de passage seront encore ouverts à la fin de l’année.

Les semaines suivantes, les barbelés sont remplacés ou complétés par un mur. Dans certaines rues, ce sont les immeubles eux-même qui font office de mur, leurs fenêtres étant murées. Les soviétiques font bien attention à ce que le mur soit placé dans leur zone d’occupation, et ne dépasse jamais sur la partie occidentale.

Le mur est présenté par les forces soviétiques comme une protection anti-fasciste. Sa construction est soutenue par les membres du Pacte de Varsovie (Union Soviétique, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Bulgarie, Albanie et RDA). C’est Erich Honecker, alors secrétaire du comité central en charge de la sécurité, et qui deviendra l’un des principaux dirigeants de la RDA jusqu’en 1989, qui est en charge de la construction du mur.

Tandis que le maire de Berlin-Ouest, Willy Brandt, proteste contre l’édification du mur, le chancelier Adenauer appelle la population au calme. Le 15 août, c’est au tour des commandants des secteurs d’occupation de Berlin-Ouest d’émettre une protestation. Le lendemain, une manifestation regroupe 300 000 personnes devant le siège du gouvernement.

Si les américains protestent vivement, les Britanniques considèrent qu’il s’agit d’une mesure prise principalement contre les berlinois de l’est, et non ceux de l’ouest.

La situation sera portée à son paroxysme le 27 octobre, lorsque, pendant trois jours, des chars américains et soviétiques se feront face, au poste frontière de Checkpoint Charlie situé sur la Friedrichstraße.  Il n’y aura cependant pas d’escalade, et le mur séparera Berlin jusqu’en 1989.