13e centenaire du début de la conquête musulmane en espagne

L’année 711 marque le début de la présence musulmane en Espagne et la fondation d’Al-Andalus, qui désigne les territoires musulmans d’Espagne. Cette présence ne se terminera qu’en 1492, presque 800 ans plus tard.

Tariq-ibn-Ziyad

C’est à la fin du printemps 711 que Tariq ibn Ziyad, à la tête de 12000 soldats, en grande majorité Berbères, débarque à Gibraltar et entame la conquête de l’Hispanie wisigothe, au nom du Califat Omeyyade de Damas.

Le royaume wisigothique, en pleine guerre civile depuis la disparition du roi Witiza en 709, s’effondre rapidement. Le roi Rodéric est tué dès 711 et son successeur, Agila II, trois ans plus tard. Le royaume wisigoth s’éteindra en 726.

Tariq Ibn Ziyad

Tariq ibn Ziyad est un commandant d’origine probablement berbère, sous les ordres de Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur omeyyade de l’Ifriqiya (Afrique du nord) et général des troupes arabo-musulmanes. Le premier poste connu de Tariq ibn Ziyad est celui de gouverneur de Tanger, ville récemment conquise.

De là, il reçoit l’ordre de Moussa Ibn Noçaïr de conquérir l’Hispanie. Il débarque donc à Gibraltar vers la fin avril 711. Il lui donnera d’ailleurs son nom. Gibraltar vient en effet de l’arabe Jabal Tariq (جبل طارق) : le mont de Tariq.

La bataille du Guadalete

Peu après son débarquement, Tariq ibn Ziyad prend Cadix, puis Algésiras, où il affronte victorieusement une première force wisigothique commandée par Sancho, neveu du roi Rodrigue. Le roi, qui se trouve dans le nord de l’Espagne à combattre les Basques, n’est prévenu que deux ou trois semaines après le débarquement. Il se dirige alors vers le sud et tente de mettre sur pied une armée capable de repousser les envahisseurs. A Cordoue, en Andalousie, il rassemble une armée de 40000 hommes. Pendant ce temps, Tariq ibn Ziyad continue son avancée, facilité par l’impopularité des wisigoths.

La rencontre a lieu le 19 juillet 711, probablement sur les rives du Guadalete, près de Cadix. Lors de cette fameuse bataille de Guadalete, les armées wisigothiques sont désorganisées : Les fils du roi Witiza, le prédécesseur de Rodrigue, qui s’estiment lésés, bien que la monarchie soit élective, font défection. La bataille dure deux jours. Les wisigoths, malgré leur supériorité numérique, n’ont pas l’habitude de la manière de combattre des arabes, et sont décimés. Le roi Rodrigue est tué.

La conquête de l’Espagne

Une nouvelle victoire eut lieu à Ecija et Tarik vit se joindre à lui une foule de mécontents. Entre autres, les juifs et les esclaves apportèrent leur soutien aux arabes.

Les juifs étaient en effet persécutés par les wisigoths :

  • Ils sont exclus des emplois publics
  • Depuis le XIIe concile de Tolède, leur baptême est obligatoire, sous peine de confiscation des biens.
  • En 694, ils sont réduis à l’état d’esclaves.

La condition des esclaves s’est également fortement détériorée. Leurs maîtres peuvent leur infliger la mort et la mutilation. Toute cette population voit l’arrivée des arabes comme une opportunité d’échapper à leur condition. Ils vont ainsi faciliter l’avance des troupes de Tarik en s’engageant, par exemple, à garder militairement certaines villes conquises.

Cordoue tombe dès octobre 711, pendant que le gros de l’armée se dirige vers Tolède, la capitale, qui tomba sans grandes difficultés. Pendant ce temps, en 712, Moussa Ibn Noçaïr, le supérieur de Tarik, débarque à son tour et occupe Séville. Fin 712, début 713, il assiège Merida. Le Portugal et la Galice se soumettent, et enfin Saragosse est prise en 714.

Le traitement réservé aux autochtones

L’effondrement de la monarchie wisigothique avait été total. La capitale fut transférée de Tolède à Cordoue, mais la population locale n’eût pas à vivre des changements conséquents. Les autochtones devinrent des dhimmî, des protégés, et continuèrent à vivre sous l’autorité des comtes et des évêques, maintenus à la tête de leurs communautés, moyennant le paiement d’un impôt. Les églises et les synagogues sont conservées et la liberté de culte maintenue.